Le mois d'août est le bon moment pour poser vos caméras de chasse. En quelques semaines, vous saurez quels animaux fréquentent votre territoire, à quelles heures et par quels passages. Cette connaissance change tout le jour de l'ouverture. Encore faut-il installer et régler le matériel correctement. Voici la méthode, emplacement par emplacement, réglage par réglage.
Où placer une caméra de chasse pour de bons résultats ?
Aux points de passage obligés : coulées, bordures de culture, points d'eau, souilles à sanglier et zones d'agrainage. L'animal y passe par nécessité, pas par hasard. C'est là que vous obtiendrez le plus d'images utiles.
Repérez d'abord les indices de passage avant de fixer quoi que ce soit. Une coulée marquée dans l'herbe haute, des empreintes fraîches en bordure de maïs, des traces de boue sur un tronc à hauteur de sanglier. Posez la caméra là où plusieurs indices se croisent.
À quelle hauteur et dans quelle orientation ?
Comptez environ 70 cm à 1 mètre du sol pour le grand gibier, et orientez l'objectif vers le nord autant que possible. Cette hauteur cadre l'animal sans couper la scène. L'orientation nord évite que le soleil rasant du matin et du soir ne déclenche des photos vides et ne brûle l'image.
Inclinez légèrement l'appareil vers le sol si vous visez une coulée proche. Dégagez les herbes et les branches devant l'objectif : une tige qui bouge au vent déclenche la caméra toute la nuit et vide la batterie pour rien.
Quels réglages pour ne pas rater les passages ?
Privilégiez une sensibilité de détection moyenne à élevée, un délai court entre deux déclenchements, et le mode photo en rafale pour le repérage. Le mode vidéo consomme davantage et se justifie surtout une fois l'animal localisé.
Quelques repères concrets :
▸ carte mémoire de classe 10, capacité 32 à 64 Go, format compatible avec votre modèle
▸ LED infrarouge invisible en 940 nm pour ne pas alerter le gibier la nuit
▸ piles lithium plutôt qu'alcalines si les nuits sont fraîches, l'autonomie est bien meilleure
▸ portez des gants à l'installation, certains animaux comme le renard détectent l'odeur humaine laissée sur place
Une caméra connectée vaut-elle le coup ?
Sur un territoire éloigné, oui. Une caméra qui envoie ses images par réseau cellulaire vous évite des allées et venues qui dérangent le gibier et laissent votre odeur. Vous surveillez à distance et vous n'intervenez que lorsque c'est utile.
Sur un petit territoire proche de chez vous, un modèle classique à carte SD suffit largement et coûte moins cher. Le choix dépend de la distance et de la fréquence à laquelle vous pouvez vous déplacer sans perturber les animaux.
« Le piège photo, c'est le meilleur allié du chasseur patient. Je conseille toujours de poser la caméra trois à quatre semaines avant l'ouverture, et de ne surtout pas y toucher tous les deux jours. Moins vous y allez, plus les images sont fidèles. Un client m'a rapporté avoir découvert un passage de sangliers qu'il ne soupçonnait pas, à cinquante mètres de son mirador habituel. »
Joël Dietenbeck, expert et gérant d'Espace Chasse
Que dit la loi sur les caméras de chasse ?
Sur votre terrain privé, l'installation est libre tant que la caméra ne filme que votre parcelle et ne capte pas la voie publique. Sur un territoire loué, l'accord du propriétaire est nécessaire. Et vous ne pouvez jamais diffuser l'image d'une personne identifiable sans son consentement. Ces règles protègent la vie privée et relèvent du RGPD.
L'usage d'une caméra de chasse doit respecter la vie privée et le RGPD. La caméra ne doit jamais capter la voie publique ni un espace où le public circule librement. Sur un territoire loué, l'accord du détenteur du droit est requis.